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Le New York Times, l'AFP et The Economist rejoignent la coalition qui veut faire payer l'IA

La coalition SPUR dépasse 80 médias dans plus de 20 pays. Elle veut que chaque usage d'un article par une IA soit tracé et rémunéré, mais aucun géant de l'IA ne s'est encore engagé à suivre ses règles.

Le New York Times, l'Agence France-Presse, The Economist et The Atlantic font partie des 45 nouveaux membres de SPUR, une coalition d'éditeurs de presse annoncée le 13 octobre sur son site. Côté français, Radio France, L'Équipe et Zone Bourse arrivent aussi. Le groupe dépasse désormais 80 membres dans plus de 20 pays. Son objectif est simple à résumer : que les entreprises d'intelligence artificielle disent quand elles utilisent un article de presse, et qu'elles paient pour cela. Pour les médias, l'enjeu est vital, car les assistants comme ChatGPT ou Gemini répondent de plus en plus directement aux questions, sans envoyer les lecteurs vers les sites d'information.

Lancée en février par la BBC, le Financial Times, le Guardian, le Telegraph et Sky News, la coalition avait déjà accueilli une trentaine de membres en juin, puis l'agence Associated Press en juillet. Sa pièce maîtresse est un standard technique publié le 2 octobre en open source. Il définit cinq moments à enregistrer : quand une IA récupère un article, s'en sert pour appuyer une réponse, le cite, l'affiche ou quand l'utilisateur clique dessus. Ces traces seraient ensuite transmises aux éditeurs, qui disposeraient ainsi de chiffres pour négocier leurs licences. SPUR ne vend rien à la place de ses membres : chacun garde ses propres accords. « Nous ne pouvons pas simplement espérer que tout se passe bien », résume David Buttle, son cofondateur.

Reste le point décisif : aucune grande entreprise d'IA ne s'est engagée publiquement à appliquer ce standard, et la coalition n'a aucun pouvoir pour l'imposer. SPUR dit travailler avec des partenaires sur des premiers essais et préparer des outils pour faciliter l'adoption. En parallèle, les procès continuent : le New York Times poursuit OpenAI et Microsoft pour violation du droit d'auteur, et le groupe USA Today a attaqué OpenAI ce mois-ci, selon Reuters. L'arrivée de titres aussi influents donne du poids à la coalition, mais c'est l'accord des OpenAI, Google ou Anthropic qui dira si ce compteur d'usage devient une vraie règle du marché ou reste une déclaration d'intention.