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ChatGPT laisse les annonceurs viser ses utilisateurs grâce à leur e-mail ou leur téléphone

Une enquête de 404 Media publiée le 15 octobre montre qu'une simple liste d'adresses ou de numéros suffit pour cibler des utilisateurs gratuits de ChatGPT. La documentation d'OpenAI confirme le mécanisme et ses garde-fous, mais pas tout ce qu'il advient des données.

Les publicités de ChatGPT ne dépendent pas seulement de ce qui s'écrit dans la conversation. Le 15 octobre, le média d'enquête américain 404 Media a publié le résultat de deux campagnes qu'il a lui-même achetées sur la plateforme : un annonceur peut téléverser une liste d'adresses e-mail, de numéros de téléphone ou d'identifiants publicitaires de téléphones Android, et OpenAI vérifie lesquels correspondent à des comptes ChatGPT pour leur réserver ses annonces. Le sujet concerne potentiellement une large partie des utilisateurs gratuits d'un service que l'entreprise dit fréquenté par des centaines de millions de personnes.

La documentation d'OpenAI destinée aux annonceurs décrit précisément ce mécanisme, baptisé « audiences personnalisées ». Les fichiers peuvent contenir des adresses et des numéros en clair ou chiffrés par hachage, ainsi que des identifiants Google Advertising ID. OpenAI fixe des limites : une campagne ne peut cibler une liste qu'à partir de 25 000 comptes reconnus, le gestionnaire de publicités ne montre jamais quelles personnes ont été retrouvées, et les fichiers sont supprimés après traitement, en général sous 24 heures. Les annonces, testées aux États-Unis depuis le 9 février 2026, s'affichent sous les réponses des formules Free et Go, jamais pour les abonnés Plus, Pro ou professionnels ni pour les comptes identifiés comme mineurs. Elles tiennent compte du sujet de la discussion en cours, des « indices de contexte » rédigés par l'annonceur et, si la personnalisation est activée, des anciennes conversations et de la mémoire.

OpenAI répète que les conversations ne sont jamais transmises aux annonceurs. Mais désactiver la personnalisation ne coupe pas tout : selon sa propre page d'aide, les publicités restent choisies d'après la conversation du moment. D'après 404 Media, l'entreprise n'a pas précisé si elle hache les coordonnées reçues en clair, et Gizmodo, qui l'a relancée le 16 octobre, n'avait pas obtenu de réponse à la publication de son article. Zach Edwards, spécialiste de la publicité en ligne cité par 404 Media, compare la méthode à une grenouille qu'on fait chauffer doucement. En Europe, la personnalisation des annonces n'est pour l'instant pas proposée dans l'Espace économique européen ni en Suisse, et OpenAI déconseille aux annonceurs d'y utiliser ces audiences. Reste à savoir combien de temps cette exception tiendra.