Après la polémique, Meta retire le mot « entraîner » de sa clause sur les sites des entreprises
Le 16 octobre au soir, heure américaine, Meta a réécrit ses futures conditions commerciales pour recentrer l'exploration des sites de ses clients sur la publicité. Les éditeurs de presse notent que rien n'interdit encore l'entraînement de ses IA.
Deux jours après la découverte d'une clause qui l'autorisait à explorer les sites de ses clients professionnels pour entraîner ses produits, Meta a modifié son texte. Tard dans la soirée du vendredi 16 octobre, heure américaine, la version à venir de ses conditions commerciales a été corrigée : le mot « train » (entraîner) a disparu de la liste des usages permis, rapportent le Mercury News, Gizmodo et The Next Web. Dans la version anglaise consultée le 17 octobre, Meta se réserve toujours le droit d'utiliser des « logiciels automatisés », robots et autres crawlers, pour visiter les domaines et pages associés aux produits de ses clients. Mais ces usages tournent désormais autour de ses « produits publicitaires et professionnels », ainsi que de l'intégrité et de la sécurité de ses services.
Le texte concerne toutes les entreprises, tous les créateurs et tous les médias qui se servent de Facebook, d'Instagram ou des outils publicitaires du groupe à des fins commerciales. Repérée le 14 octobre par le site The Steampunk Explorer, puis analysée par Nieman Lab, la clause avait inquiété des juristes et des éditeurs de presse, qui y voyaient un accès gratuit à des contenus négociés ailleurs à prix d'or. « Nous vous avons entendus et voulons clarifier », a répondu Meta au Mercury News. Le groupe assure que ces règles d'exploration ne visaient que ses produits publicitaires et professionnels, et qu'il ne change rien au fonctionnement de ses robots d'indexation. La date d'entrée en vigueur reste fixée au 30 octobre 2026, avec une acceptation tacite pour toute entreprise qui continue d'utiliser ces services.
Le recul reste partiel. Pour Sam Quigley, porte-parole de la News/Media Alliance, l'association des éditeurs de presse américains, la nouvelle rédaction limite ce que Meta peut faire des contenus, mais pas sa capacité à venir les chercher. L'entraînement n'étant pas expressément exclu, il reste selon lui « potentiellement sur la table ». Le texte ne promet pas non plus de respecter le fichier robots.txt, qui permet à un site de refuser la visite de certains robots, même si Meta affirme que ses pratiques ne changent pas. Le flou sur ce qu'est un site « associé » à un compte n'est pas levé. D'ici le 30 octobre, les éditeurs disposent donc d'un texte plus rassurant, sans garantie écrite que leurs articles resteront hors des données d'entraînement de Meta.