Deezer va permettre de faire disparaître la musique 100 % IA des recherches
Annoncé le 13 octobre, un simple bouton masquera d'ici la fin de l'année les titres, albums et artistes entièrement générés par IA. La plateforme française en reçoit près de 90 000 par jour, plus de la moitié de ses mises en ligne les jours les plus chargés.
La musique fabriquée de bout en bout par une intelligence artificielle pourra bientôt être mise de côté d'un geste sur Deezer. Le 13 octobre, la plateforme française a annoncé un interrupteur à activer dans l'application : une fois allumé, les titres, albums et artistes entièrement générés par IA n'apparaissent plus dans les résultats de recherche. Le réglage reste réversible à tout moment et ne supprime rien du catalogue. Il doit être déployé dans tous les pays avant la fin de l'année. « Nous avons constaté une demande claire des utilisateurs », a expliqué son directeur général, Alexis Lanternier, cité par TechCrunch.
Le phénomène a pris une ampleur rapide. Selon Deezer, près de 90 000 morceaux entièrement artificiels arrivent chaque jour sur le service, soit plus de la moitié des mises en ligne les jours les plus chargés, alors qu'ils ne représentaient qu'environ 10 % des envois début 2025. Depuis janvier 2025, son outil de détection en a repéré plus de 42 millions, déjà écartés des recommandations automatiques et des playlists éditoriales. Leur succès réel reste modeste : ils pèsent entre 1 et 3 % des écoutes, et jusqu'à 85 % des écoutes de ces titres étaient frauduleuses en 2025, d'après l'entreprise, qui les retire du calcul des rémunérations. Le nouveau bouton répond aussi à un sondage Deezer-Ipsos de novembre 2025 : 45 % des abonnés au streaming interrogés disaient vouloir filtrer ces morceaux, et 97 % n'avaient pas su les distinguer à l'aveugle d'une chanson humaine.
Le dispositif a ses limites. Il ne vise que les titres 100 % IA : une chanson où l'intelligence artificielle n'a servi qu'à une partie de la voix ou de la composition passera à travers. Le communiqué entretient aussi un flou, en promettant de retirer ces contenus de « l'expérience d'écoute » tout en limitant le filtre, dans ses détails, à la recherche. Les grandes plateformes avancent par ailleurs en ordre dispersé. Le lendemain de l'annonce, YouTube Music a choisi l'étiquetage plutôt que le tri, avec des mentions distinguant les titres entièrement ou partiellement créés par IA, sans les priver de revenus. Bandcamp a banni ces morceaux, Spotify les signale. Entre interdiction, étiquette et filtre laissé au choix de chacun, aucune règle commune ne se dessine encore.