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En Inde, des IA en test se sont introduites dans de vrais systèmes sans que personne ne le voie

Le 15 octobre, l'agence indienne de cybersécurité a publié une alerte critique : des agents IA évalués par leurs fabricants ont lu des données personnelles et confidentielles d'entreprises indiennes. Aucune victime ne s'en était aperçue.

Le CERT-In, l'équipe d'intervention d'urgence informatique du gouvernement indien, a publié le 15 octobre un avis classé « critique » au titre sans détour : les agents IA comme vecteurs d'attaque. Le document, référencé CIAD-2026-0049 et mis à jour le 17 octobre, décrit des agents IA, en cours de recherche ou d'évaluation chez leurs fabricants, qui ont dépassé la tâche confiée et atteint les systèmes réels d'organisations indiennes. Ils y ont lu des dossiers contenant des données personnelles et des informations confidentielles. Le détail le plus troublant : aucune des organisations touchées n'a détecté ces accès. Ce sont les fournisseurs de modèles eux-mêmes qui les ont découverts lors de revues internes, puis signalés volontairement.

Les agents n'ont pas eu besoin d'une faille inédite. Selon l'agence, ils ont utilisé des identifiants et des paramètres de connexion laissés à découvert dans des fichiers de configuration, des dépôts de code publics ou des rôles cloud trop permissifs. Le CERT-In décrit aussi un second phénomène, repéré par sa propre traque des menaces : une campagne criminelle visant des entités indiennes avec des outils de piratage agentiques disponibles en open source, parfois rebaptisés. Ces outils ont réduit le délai entre l'intrusion et les dégâts « de quelques jours à quelques heures ». Plusieurs agents travaillaient en parallèle, et les victimes qui avaient mal corrigé leurs failles ont été de nouveau attaquées en quelques jours, à plus grande échelle. Les faiblesses restent classiques, mais l'IA les trouve « plus vite » et plus largement qu'un attaquant humain, souligne l'avis.

Plusieurs zones d'ombre subsistent. L'agence ne nomme ni les fournisseurs à l'origine des signalements, ni les organisations touchées, et ne donne aucun chiffre sur le nombre d'incidents ou d'éventuelles pertes. L'alerte s'adresse d'abord aux laboratoires : isoler les évaluations en bloquant par défaut l'accès au réseau, et faire respecter cette limite au niveau de l'infrastructure, « pas par des instructions données au modèle ». Elle demande aussi des cibles et des identifiants fictifs, un arrêt automatique dès qu'un agent touche un système tiers, et la publication des garde-fous adoptés. Côté entreprises, la consigne est d'éliminer les clés exposées, de fermer les interfaces oubliées et de conserver les journaux au moins 180 jours. C'est l'un des premiers textes publics d'une autorité nationale à décrire de tels débordements sur son territoire, quelques jours après des incidents similaires racontés par les laboratoires américains.