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PostgreSQL 19 retire jusqu'à dix nouveautés, en partie à cause des défauts repérés par l'IA

La célèbre base de données libre sortira le 19 novembre au lieu du 29 octobre. L'un de ses principaux développeurs explique que les relectures de code assistées par IA débusquent désormais tant de petits défauts que leur correction n'a pas tenu dans les délais.

PostgreSQL, la base de données libre qui stocke les informations d'innombrables sites et applications, vit un cycle de sortie inhabituel. Dans un billet publié le 9 octobre, Peter Eisentraut, l'un de ses principaux développeurs, employé par l'éditeur EDB, constate qu'environ huit à dix fonctions importantes ont été retirées de la version 19 après le début des tests publics, alors qu'un seul retrait par cycle est habituel. Le lendemain, l'équipe chargée des versions a repoussé la sortie officielle au 19 novembre, au lieu du 29 octobre, pour intégrer « le volume de corrections » dans une seconde version candidate prévue le 12 novembre. Parmi les explications avancées figure un acteur nouveau : la relecture de code assistée par des modèles de langage.

Selon Peter Eisentraut, ces outils repèrent les défauts « beaucoup plus vite » qu'avant. Des fonctions écrites avant qu'ils ne deviennent vraiment utiles se retrouvent donc jugées à une exigence plus élevée qu'au moment de leur ajout. Il cite une liste d'une quarantaine de signalements, chacun réparable en trois lignes environ, mais dont l'accumulation finit par coûter trop de temps. D'autres fonctions présentaient des défauts de conception plus profonds. La victime la plus visible est la prise en charge des requêtes de graphes SQL/PGQ, intégrées à la norme SQL en 2023, rapporte The Register. Le développeur écarte une explication à la mode : le code retiré n'a rien à voir avec le « vibe coding », puisqu'il « a été écrit bien avant que ce soit possible ».

L'IA n'explique pas tout. Le même billet évoque des ambitions trop larges, la complexité croissante du logiciel et des développeurs expérimentés accaparés d'avril à août par des correctifs de sécurité, au détriment des tests. Deux mois de plus auraient sans doute suffi à sauver une partie des fonctions, estime-t-il. La version 19 conserve des ajouts attendus, comme REPACK CONCURRENTLY, qui libère de l'espace disque sans bloquer une table, et la plupart des fonctions écartées devraient revenir dans PostgreSQL 20. Les outils employés pour ces relectures ne sont pas nommés et la date du 19 novembre reste conditionnelle. L'épisode montre pourtant un effet concret de l'IA sur un logiciel critique : elle ne remplace pas les développeurs, mais elle relève la barre de qualité plus vite que leur capacité à la franchir.