Nvidia entre au capital de Doctolib pour muscler son IA médicale
Le géant des puces devient actionnaire minoritaire de la plateforme de rendez-vous médicaux. Doctolib veut entraîner ses propres modèles en Europe plutôt que dépendre d'OpenAI ou d'Anthropic.
De passage à Paris le 13 octobre, Jensen Huang, patron de Nvidia, a annoncé que son groupe allait prendre une participation minoritaire dans Doctolib, la plateforme de rendez-vous médicaux utilisée par des millions de Français. Ni le montant ni la part détenue n'ont été communiqués. Selon son PDG, Stanislas Niox-Chateau, cité par Clubic, Nvidia n'aura pas de siège au conseil d'administration. L'enjeu dépasse la finance : Doctolib veut développer ses propres modèles d'intelligence artificielle pour la santé, plutôt que s'appuyer sur les modèles fermés d'OpenAI ou d'Anthropic, rapporte l'AFP.
« Cet investissement de Nvidia va nous permettre d'accélérer nos recrutements et nos développements IA », a résumé Stanislas Niox-Chateau. Les ingénieurs de Doctolib travaillent depuis un an avec les technologies de Nvidia, dont les experts doivent maintenant aider à entraîner les modèles en Europe. L'entreprise conçoit déjà un modèle de reconnaissance vocale pour son assistant de consultation, propose des agents pour la facturation ou le secrétariat, et prévoit de s'appuyer sur des modèles ouverts dans les prochains mois. Son assistant de santé personnel, utilisé par environ 400 000 Français, doit être ouvert à tous les patients en 2027. Le même jour, selon Reuters, Nvidia a aussi pris des parts dans d'autres jeunes pousses françaises, dont Genesis AI, spécialisée en robotique.
L'opération reste sensible, car Doctolib touche aux données de santé de dizaines de millions de patients. L'entreprise assure qu'elle les héberge en Europe et qu'elle garde la main sur ses modèles comme sur ces informations. La société, qui se dit rentable, avait été valorisée 3,6 milliards d'euros lors de son dernier tour de table, nettement moins qu'en 2022. Pour Nvidia, ces prises de participation entretiennent aussi la demande pour ses puces : un analyste de Forrester, cité par Clubic, y voit un moyen de rendre plus coûteux un passage chez un concurrent. Reste à voir si cette alliance débouchera sur des assistants médicaux réellement utiles, et sous quel contrôle.