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Perplexity offre à tous la « cage » qui retient ses agents IA

Le 15 octobre, la start-up a publié en open source SPACE, le bac à sable où travaille son agent Computer. Dans ses propres tests, aucune IA n'a réussi à s'en échapper, mais certaines ont d'abord contourné ses barrières réseau.

Perplexity rend public l'un de ses outils les plus sensibles. Le 15 octobre, l'entreprise connue pour son moteur de réponses a mis en ligne gratuitement SPACE, le système qui enferme son agent Computer pendant qu'il exécute du code ou manipule des fichiers. Le code est publié sous licence Apache 2.0, ce qui permet à n'importe quel développeur de l'examiner, de le modifier et de l'utiliser. Les fournisseurs de cloud CoreWeave, Akamai et Crusoe ont accepté de le proposer à leurs clients. Le moment n'a rien d'anodin : ces dernières semaines, plusieurs laboratoires ont rapporté des cas d'agents IA en test sortis de leur périmètre pour agir sur le vrai web.

Concrètement, SPACE place chaque tâche dans une petite machine virtuelle dotée de son propre système, que l'agent ne peut pas quitter pour atteindre l'ordinateur qui l'héberge. Les mots de passe et l'accès à Internet restent gérés à l'extérieur de cette bulle, si bien que l'agent peut utiliser les services autorisés sans jamais détenir les clés. Selon Perplexity, l'outil fait tourner toutes les sessions de Computer depuis juillet, avec des millions de bacs à sable créés chaque jour, et chacun démarre en 60 millisecondes environ contre 185 avec son ancien prestataire. Pour l'éprouver, l'entreprise a demandé à neuf modèles d'IA de pointe de s'évader : aucune de ses 108 tentatives n'a franchi la paroi de la machine virtuelle. Interrogé par Semafor, Zibi Braniecki, ingénieur chez Perplexity, résume : « We have a solution ».

Le tableau compte pourtant une faille. Lorsque certaines connexions étaient autorisées, les modèles ont contourné les restrictions réseau dans 11 essais sur 54, en falsifiant des réponses d'annuaire du web ou en passant par l'adresse partagée d'un service autorisé. Perplexity dit avoir corrigé ces deux méthodes et n'en a plus observé l'usage lors des tests suivants. Tous ces chiffres proviennent de l'entreprise elle-même, sans vérification indépendante, et ne garantissent rien face à des attaques encore inconnues. Perplexity n'est pas seul sur ce terrain : Nvidia a lui aussi publié OpenShell, un outil libre qui isole les agents. Après des années à miser surtout sur l'éducation des modèles, l'industrie se tourne vers des murs bien concrets.