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Élections américaines : 137 millions de dollars dépensés en publicités créées par IA

Selon un décompte publié le 15 octobre par le Wesleyan Media Project, 220 spots politiques faits avec l'IA ont été diffusés dans 34 États avant les élections de mi-mandat. Moins d'un tiers le signale aux électeurs.

À moins de trois semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis, l'intelligence artificielle s'est installée dans les spots de campagne. D'après un décompte publié le 15 octobre 2026 par le Wesleyan Media Project, un centre universitaire qui suit la publicité politique, candidats et comités ont dépensé plus de 137 millions de dollars pour diffuser des publicités créées ou retouchées avec l'IA. Lors du cycle électoral de 2024, le même centre avait relevé moins de 50 000 dollars. Sa codirectrice, Erika Franklin Fowler, résume : « L'IA fait une entrée massive dans les élections de 2026. »

Les chercheurs ont repéré 220 publicités dans 34 États, contre 33 spots pour environ 20 millions de dollars dans leur premier relevé de mai. Seules 27 % portent une mention indiquant l'usage de l'IA. Les républicains sont à l'origine de 81 % de ces publicités et de 88 % des dépenses, les démocrates de 12 %. Selon Gizmodo, près de la moitié mettent en scène des imitations de vrais responsables politiques. Bruce Blakeman, candidat républicain au poste de gouverneur de New York, a ainsi diffusé sans avertissement une vidéo où de faux Zohran Mamdani et Kathy Hochul vantent une pilule imaginaire. Le républicain Thomas Massie, battu lors d'une primaire dans le Kentucky, a dénoncé des spots le montrant faussement attablé avec les élues démocrates Ilhan Omar et Alexandria Ocasio-Cortez. D'autres usages sont plus discrets : animer une photo, générer une foule ou remplacer des images d'archives pour réduire les coûts de production.

Ces chiffres restent un plancher. Le centre ne retient que les publicités signalées par une mention, par la presse ou par la société de mesure AdImpact, ou confirmées par ses propres analystes, et écarte les cas douteux. Les dépenses sont des estimations d'AdImpact. Une trentaine d'États imposent un étiquetage des publicités politiques produites par IA, mais aucune loi fédérale ne l'exige, rappelle Erika Franklin Fowler. Les recours restent locaux : en août, le Parti démocrate de l'État de New York a saisi la commission électorale contre la campagne de Bruce Blakeman, qui invoque la satire pour se passer d'avertissement. Pour se distinguer, le démocrate texan James Talarico termine désormais un spot par « Made by humans. Not AI. » Reste à savoir si les électeurs sauront faire la différence d'ici au scrutin.