Bank of America a dû appeler 1 000 prestataires pour réparer les failles trouvées par l'IA
Le 14 octobre, le patron de la deuxième banque américaine a révélé ce renfort, venu s'ajouter à 3 000 salariés. Leur mission : corriger les faiblesses logicielles mises au jour par des modèles comme Mythos, d'Anthropic.
Les IA qui détectent les failles informatiques ont désormais un coût visible dans les comptes des banques. Le 14 octobre 2026, en présentant les résultats du troisième trimestre de Bank of America, son président-directeur général Brian Moynihan a indiqué que la banque avait fait venir environ 1 000 prestataires extérieurs pour corriger des faiblesses logicielles révélées par des modèles d'IA avancés, dont Mythos, le modèle d'Anthropic spécialisé en cybersécurité. Ces renforts, recrutés dès le deuxième trimestre et toujours en poste, s'ajoutent selon lui aux quelque 3 000 personnes que la banque consacre déjà à ce travail. Les failles concernent à la fois le code de la banque et celui de ses fournisseurs.
Anthropic a ouvert Mythos en avril 2026 à un petit cercle d'entreprises, de banques et d'administrations, dans le cadre du programme Project Glasswing, pour repérer et corriger les vulnérabilités avant que des attaquants ne les exploitent. Le revers de cette efficacité est une avalanche de correctifs : Mozilla avait par exemple annoncé au printemps 271 failles corrigées dans Firefox 150 grâce au modèle. Devant les analystes, Brian Moynihan a évoqué « quelques centaines de millions de dollars et plus » de dépenses de remise en conformité sur le trimestre, d'après The Next Web. Ce montant mêle toutefois ce chantier, qu'il appelle la « remédiation Mythos », et la mise à niveau des contrôles contre le blanchiment, après plus de 1,2 milliard de dollars de pénalités annoncées le 13 octobre par les autorités américaines.
La part exacte de l'IA dans cette facture reste donc inconnue, tout comme le nombre de failles trouvées et leur gravité : la banque n'a publié aucun détail. Brian Moynihan dit s'attendre à ce que ces coûts diminuent maintenant que le plus gros du rattrapage est engagé. L'exemple montre cependant qu'un outil capable de trouver des centaines de bugs déplace le problème vers les équipes chargées de les réparer. Bank of America n'est pas un cas isolé : Jamie Dimon, patron de JPMorgan, disait en mai avoir des centaines de personnes mobilisées à plein temps sur ces failles, et la Banque centrale européenne attend des banques qu'elles présentent d'ici fin octobre leurs plans face aux menaces informatiques liées à l'IA.