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Le fil

Bluesky transforme son IA Attie en atelier de petits jeux et de mini-sites à partager

Le 15 octobre, le réseau social a étendu Attie, son outil expérimental : une simple description suffit désormais pour créer un quiz, un sondage ou un jeu et le diffuser auprès de sa communauté.

Bluesky ne veut plus seulement qu'on y publie des messages, mais aussi de petits programmes. Le 15 octobre, sur la scène de la conférence TechCrunch Disrupt, son patron Toni Schneider a annoncé l'extension d'Attie, l'outil d'intelligence artificielle expérimental du réseau social. Il suffit désormais de décrire en quelques mots un site, un quiz, un sondage ou un petit jeu pour que l'IA le fabrique, prêt à être partagé. Le dirigeant parle de « social vibe coding » : la programmation par simple conversation, mais pensée pour une communauté plutôt que pour une personne seule.

Lancé fin mars, Attie servait jusqu'ici à composer son propre fil d'actualité en langage courant. La nouvelle version s'appuie sur l'identité de chaque utilisateur dans l'AT Protocol, la technologie ouverte sur laquelle repose Bluesky, et propose même des idées de projets à partir de son profil public. Selon TechCrunch, chacun peut brancher le modèle d'IA de son choix ou utiliser un modèle ouvert. Le journaliste de The Verge qui l'a essayé a obtenu en quelques minutes un sondage sur Pokémon Rouge et Bleu ; la vitrine d'Attie montre un clone de Flappy Bird, une boîte à rythmes ou un jeu de clics, chacun avec sa propre adresse et le nom de son auteur. Le journaliste les juge toutefois assez légères, à la manière de simples curiosités. Pour la directrice des opérations, Rose Wang, la difficulté n'est pas de créer mais d'être vu : ces créations profitent directement de l'audience du réseau.

Le pari est aussi stratégique. Bluesky revendique 47 millions d'inscrits selon un site de statistiques indépendant, mais son activité s'essouffle et une partie des curieux est repartie vers X. Miser sur les développeurs et les communautés doit raviver l'intérêt, avec en parallèle la gestion de données privées sur le protocole, encore en test et promise d'ici la fin de l'année. Plusieurs points restent flous : ni prix, ni conditions d'accès, ni règles de modération des créations n'ont été détaillés. Reste à voir si ces mini-applications deviendront un usage durable ou un simple gadget de plus.