Un scanner et une webcam ignorés par Linux remis en marche grâce à l'IA
Le 15 octobre, un ingénieur de Red Hat a raconté comment Claude Code l'a aidé à écrire des pilotes en comparant ce que font Windows et Linux avec le même appareil. Il partage sa méthode, mais les corrections attendent encore leur validation.
Un scanner de négatifs photo et la caméra d'un ordinateur portable récent ne fonctionnaient pas correctement sous Linux. Christian Schaller, ingénieur chez Red Hat et contributeur de longue date de Fedora et de GNOME, a raconté le 15 octobre sur son blog comment il les a fait marcher en confiant l'essentiel du travail fastidieux à Claude Code, l'assistant de programmation d'Anthropic. Il partage aussi hw-harness, un outil qui reprend sa méthode pour guider une session Claude ou Codex. L'enjeu dépasse ces deux appareils : de nombreux périphériques ne sont livrés qu'avec un pilote Windows, et les écrire pour Linux demande d'habitude des semaines d'observation minutieuse.
La méthode consiste à faire tourner le pilote officiel sous Windows, dans une machine virtuelle à laquelle l'appareil réel est confié, pendant que Linux enregistre en dessous tous les échanges USB. La même opération est ensuite rejouée avec le pilote Linux en cours d'écriture, et l'IA compare les deux enregistrements : chaque différence signale une erreur à corriger. Pour la caméra du ThinkPad X1 Carbon, sans câble USB à observer, l'IA a fouillé les fichiers de configuration et le registre du pilote Windows. Résultat selon l'auteur : un pilote pour le scanner Plustek OpticFilm 8200i, qui numérise jusqu'à 7 200 points par pouce et utilise l'infrarouge pour effacer poussières et rayures, une application GNOME baptisée Negative Vibes pour traiter les négatifs, et une caméra dont l'image, auparavant sombre et verdâtre, voit sa luminosité presque tripler dans son test en faible lumière. Le site spécialisé Phoronix y voit le potentiel de l'IA pour la rétro-ingénierie du matériel.
Christian Schaller reste prudent. Ses mesures portent sur un seul exemplaire de chaque appareil, la caméra manque encore de bleu en faible lumière, et ses corrections pour le noyau Linux et la bibliothèque libcamera sont encore relues par d'autres développeurs avant une éventuelle intégration. Le pilote officiel de scanners de Linux a même ajouté la prise en charge de ce modèle en septembre, pendant qu'il avait mis son projet de côté. Il insiste sur le partage des rôles : l'IA décode les captures et vérifie les réglages, l'humain choisit quoi construire, manipule l'appareil et contrôle le résultat, car « le vrai matériel est le seul juge ». Il affirme enfin que sa méthode observe le comportement de l'appareil sans recopier le code du fabricant, une affirmation qui n'a pas été vérifiée de façon indépendante.