S’abonner
Le fil

Rançongiciels : l'IA dans la plupart des attaques, et des menaces jusqu'aux familles des salariés

Publié le 14 octobre, un rapport de Semperis auprès de 1 200 entreprises victimes affirme que plus de huit attaques sur dix ont mobilisé l'IA. Quatre sur dix se sont accompagnées de menaces contre le personnel.

Les pirates qui chiffrent les données d'une entreprise pour exiger une rançon se servent désormais presque tous de l'intelligence artificielle, selon leurs victimes. C'est la conclusion du rapport 2026 sur les rançongiciels publié le 14 octobre par Semperis, une société américaine spécialisée dans la protection des systèmes d'identité. L'étude ne porte que sur des organisations attaquées au cours des douze derniers mois : 1 200 professionnels de l'informatique et de la sécurité, dans neuf pays dont la France, et huit secteurs, selon CBS News. Plus de huit victimes sur dix disent que les attaquants ont utilisé l'IA contre elles. Plus inquiétant encore, 44 % déclarent que les criminels ont exploité leurs propres outils d'IA.

Le rapport décrit aussi une violence qui déborde des écrans. D'après Semperis, 40 % des attaques se sont accompagnées de menaces psychologiques ou physiques contre le personnel, et dans 53 % de ces cas, les victimes affirment que les pirates sont passés à l'acte. Près d'un quart des victimes ou de leurs proches ont subi un « swatting », un faux appel d'urgence qui envoie la police chez quelqu'un, et selon CBS News, 14 % des répondants racontent que des salariés ou leur famille ont dû changer de poste, de bureau ou de domicile. Les attaques se répètent : près de 70 % des victimes ont été visées plusieurs fois, et 31 % ont payé plusieurs rançons. Enfin, 87 % des attaques ont ciblé les systèmes qui contrôlent les identifiants et les accès, comme Active Directory, Entra ID ou Okta. « Je pense que nous voyons déjà des attaques autonomes », a déclaré à CBS News Chris Inglis, ancien directeur national de la cybersécurité à la Maison-Blanche, aujourd'hui conseiller de Semperis.

Ces chiffres sont à lire avec prudence. Ils reposent sur ce que les victimes pensent avoir vu, pas sur des analyses techniques indépendantes, et le rapport ne détaille pas comment l'IA a été employée : messages piégés mieux rédigés, code malveillant écrit plus vite ou agents qui agissent seuls. Les supports de Semperis ne s'accordent d'ailleurs pas sur le pourcentage exact, 84 % dans les propos repris par CBS News et 87 % dans le communiqué. Et l'éditeur vend précisément des outils de défense des identités, ce que ses conclusions mettent en avant. Le constat rejoint pourtant d'autres alertes récentes : l'IA abaisse le niveau requis pour attaquer, tandis que les assistants et agents installés dans les entreprises ouvrent de nouvelles portes d'entrée.