Accusée par Apple de lui soutirer des secrets, OpenAI promet de ne pas s'en servir
Le 14 octobre, face à un juge prêt à donner raison à Apple, OpenAI s'est engagée à ne pas exploiter les informations que la marque à la pomme l'accuse d'avoir récupérées auprès d'anciens ingénieurs. Elle contre-attaque en accusant un ex-salarié d'avoir emporté ses propres plans.
La course aux objets dopés à l'IA se joue désormais aussi au tribunal. Le 14 octobre à San Jose, en Californie, le juge fédéral Edward Davila a déclaré qu'il était « highly likely », c'est-à-dire très probable, qu'il accorde à Apple une injonction interdisant à OpenAI d'utiliser des informations confidentielles venues de chez elle, selon Bloomberg. Dans la foulée, OpenAI s'est engagée volontairement à ne pas se servir des secrets industriels qu'Apple l'accuse d'avoir obtenus, tant que l'affaire n'est pas jugée. Elle doit aussi faire réaliser des copies complètes, dites images forensiques, des appareils de 14 employés susceptibles de détenir des données d'Apple.
Apple a porté plainte en juillet contre OpenAI, sa filiale matérielle io Products, son responsable du matériel Tang Tan et un ancien ingénieur de l'iPhone, Chang Liu. Elle soutient que des entretiens d'embauche ont servi à extraire des informations sur la conception, les composants, les tests et la chaîne d'approvisionnement de ses produits, au moment où des centaines de ses salariés partaient chez OpenAI. L'enjeu est concret : OpenAI prépare sa propre famille d'appareils, à commencer par une enceinte en forme de beignet annoncée pour 2027 à plus de 300 dollars, d'après The Next Web. La veille de l'audience, le juge avait déjà ordonné à OpenAI de remettre rapidement des copies forensiques, les grilles d'entretien utilisées avec des candidats venus d'Apple et des messages de Chang Liu. Il a en revanche jugé « huge ask », une demande énorme, l'inspection de tous les appareils et serveurs réclamée par Apple, et laissé certains documents de recherche à la procédure ordinaire.
OpenAI conteste tout vol. Elle affirme n'avoir « no need or desire », ni besoin ni envie, des secrets d'Apple, et accuse la marque de vouloir dissuader ses ingénieurs de partir. Quelques heures avant l'audience, elle a même retourné l'accusation : un ancien employé, resté environ six mois chez elle avant de revenir chez Apple, aurait envoyé plus d'une centaine de fichiers confidentiels sur un appareil non dévoilé vers des comptes personnels, puis présenté ses projets à des dirigeants d'Apple. Apple dément et dit n'avoir trouvé aucune trace de ces fichiers. Rien n'est tranché : l'injonction n'est pas encore formellement prononcée, la demande d'OpenAI de rejeter la plainte reste en suspens et elle réclame du temps pour enquêter avant une éventuelle contre-attaque judiciaire. En attendant, le procès freine déjà l'un des projets matériels les plus attendus du secteur.